La méthanisation agricole : un choix vert et local

La méthanisation agricole se développe en France, grâce à des producteurs locaux comme Florian Christ et Émilie Bondoerffer, agriculteurs en Alsace qui se sont lancés dans la production de biométhane et participent ainsi à la transition énergétique aux côtés d’ilek.

Pour rappel, la méthanisation est la production de gaz à partir de la dégradation de la matière organique (des déjections d’élevage, ou encore des biodéchets par exemple) par des micro-organismes. Le gaz produit par cette fermentation est appelé biogaz. Après purification, il devient du biométhane et il est injecté dans le réseau de gaz naturel. C’est ce biométhane que nous proposons chez ilek, en travaillant main dans la main avec des producteurs locaux.

Le biométhane, salvateur pour les agriculteurs

N’étant pas issue du monde agricole au départ, Émilie Bondoerffer a repris en 2016 avec son compagnon agriculteur Florian Christ, la ferme de son beau-père. Très vite, ils réalisent tous deux que les revenus générés par la production laitière et des cultures ne seront pas suffisants, il faut diversifier l’activité. Augmenter la taille du troupeau laitier est difficile à mettre en oeuvre (manque de surface, de main d’oeuvre…) Ils décident donc de se former à la méthanisation, afin de produire du biogaz grâce aux déchets agricoles.

 

Une économie circulaire autour du projet de méthanisation

Aujourd’hui, ils emploient une douzaine de salariés à la Ferme du Haut Village grâce à cette activité (dont 5 à plein temps sur la partie méthanisation) et travaillent avec 110 fermes en Alsace en recyclant les déchets agricoles. Ils collaborent également avec des entreprises comme le Port du Rhin, afin de récupérer les déchets de l’industrie agroalimentaire. Ils finalisent également un projet de retraitement de biodéchets, en partenariat avec les cantines, supermarchés, et restaurants locaux. Cela favorise toute une économie circulaire autour du projet de méthanisation, ainsi que des emplois locaux et non délocalisables.

Le biométhane, levier pour l’indépendance énergétique française

En France, nous dépendons à 99% de l’importation de gaz, principalement venu de Russie, ou encore de Norvège. Cette dépendance explique notre fragilité vis-à-vis de l’envol du prix de marché. Or, une énergie propre telle que le biométhane a plus que jamais son rôle à jouer pour nous aider à sortir de la dépendance au marché mondial et aux énergies fossiles. Dans ses ambitions en matière de transition énergétique, la France entend porter à 50% la part des énergies renouvelables.

La production de biogaz sur le territoire français devrait être multipliée par dix, et passer de 1 à 10% de la consommation d’ici 2030, soit une production annuelle de 30TWh. La méthanisation jouit ainsi du plus fort potentiel de développement parmi les énergies vertes.

Pourquoi choisir le biogaz ?

Si l’on résume, voici donc plusieurs arguments qui vous feront sans nul doute opter pour le biométhane :

  • Valorisation des déchets : Emilie et Florian récupèrent et retraitent des déchets agricoles et organiques, en collaborant avec des fermes, restaurants, cantines, supermarchés locaux par exemple. Certains déchets ne sont d’ailleurs pas utilisables en compost : cela en fait d’autant moins en décharge ou envoyés en incinération
  • Production d’une énergie 100% renouvelable : le biométhane est issu à 100% de la récupération de biodéchets, c’est une alternative fiable aux énergies fossiles
  • Réduction des émissions de gaz à effet de serre : la méthanisation agricole contient en moyenne 10 fois moins de CO2 que le gaz naturel sur toute sa durée de vie. Les résultats d’une étude des cabinets Quantis et ENEA montrent que le contenu carbone du biométhane produit en France et injecté dans les réseaux gaziers est en moyenne de 23,4 g CO2eq / kWh. Ainsi, consommer du gaz bio plutôt que naturel revient à diminuer ses émissions de CO2 de 2 tonnes par foyer et par an en moyenne.
  • Amélioration de la qualité des sols : le biométhane permet de produire un engrais naturel et de remplacer les engrais chimiques
  • Création d’emplois locaux et non délocalisables : les unités de méthanisation agricole permettent de créer des emplois durables sur le territoire français, qui ne peuvent être délocalisés à l’étranger
  • Favorisation du maintien d’une agriculture française : la méthanisation permet aux agriculteurs de diversifier leur activité, et ainsi de perdurer, voire s’accroître
  • Le prix : le coût total lié à sa production et à sa distribution est actuellement en baisse et fait du biométhane une énergie au potentiel compétitif sur le marché. Son prix pourrait même se stabiliser entre 65€ et 85€ par MWh d’ici 2030 selon ENEA Consulting
  • L’indépendance énergétique : le biogaz bénéficie actuellement de tarifs subventionnés, qui se retrouvent aujourd’hui inférieurs pour certains au prix de marché du gaz importé de Russie, de Norvège ou encore d’Algérie. Il serait donc opportun d’encourager sa production sur notre territoire.

 

La filière de la méthanisation agricole se professionnalise

Si le biométhane représente encore moins de 1% du gaz consommé en France à ce stade, 44 installations sur 550 unités de méthanisation sont sur des sites agricoles, selon le dernier panorama du gaz renouvelable réalisé par le Syndicat des énergies renouvelables (SER) et les gestionnaires de réseaux (GRDF, GRTgaz, TIGF).

Parmi les instances de contrôle qui ont vu le jour dans le secteur, l’Association des Agriculteurs Méthaniseurs de France. Association à laquelle ont adhéré Florian Christ et Emilie Bondoerffer. Une Charte Qualité y a été créée en 2016 pour encadrer les sites de méthanisation agricole et démontrer ainsi leur professionnalisme. De la réception des matières, au suivi documentaire, à la gestion du digestat, la maintenance… Tout est pris en compte dans cette charte.

« C’est un outil fiable qui permet aux exploitants de faire régulièrement le point sur leurs sites (un audit par un organisme certificateur indépendant est réalisé tous les deux ans), avec la mise en place d’une démarche d’amélioration continue », explique Emilie Bondoerffer. De quoi rassurer les récalcitrants au biométhane.

Grâce à la production de la Ferme du Haut Village à Woellenheim chez Florian Christ et Emilie Bondoerffer, 1400 foyers alsaciens sont alimentés en gaz vert chez ilek. Pour rappel, ilek est d’ailleurs le premier fournisseur à s’être lancé en 2018 dans la fourniture de gaz 100% vert.

>> Retrouvez l’histoire d’Emilie Bondoerffer et plus d’infos sur son implication dans le gaz vert aux côtés de Florian Christ en écoutant notre podcast Energy Talks

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