Gaspillage d’énergie : où se cache-t-il chez vous et comment le réduire ?

Charles, 12 Déc 2022
L’ÉNERGIE VERTE 12 minutes
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Traquer les gaspillages, c’est bien. Payer le juste prix le reste du temps, c’est mieux.


Sobriété par-ci, sobriété par-là ! On en entend parler un peu partout, mais au final comment la mettre en place chez soi ? Et surtout, par où commencer la fameuse chasse au gaspillage d’énergie ? Car en ce moment même, de l’énergie se consomme chez vous, parfois sans que vous vous en rendiez compte, et peut-être même de façon excessive. Bonne nouvelle : on peut remédier à tout ceci ! Les solutions sont nombreuses pour réduire votre consommation et éviter les dépenses inutiles. Avec des gestes souvent simples, vous pouvez avoir un réel impact sur vos factures comme sur votre empreinte énergétique. On fait le tour de votre logement pour débusquer tout ce qui peut être mis en place 👇

Qu’est-ce que le gaspillage d’énergie ?

Le gaspillage énergétique désigne toute consommation d’énergie qui ne produit aucun bénéfice réel pour votre confort ou vos besoins. Il se cache partout dans votre logement, souvent de manière invisible. On distingue deux formes principales :

  • Le gaspillage actif : une lumière allumée dans une pièce vide, un chauffage qui tourne alors que les fenêtres sont ouvertes, ou un appareil resté branché inutilement.
  • Le gaspillage passif : la chaleur qui s’échappe par un toit mal isolé, l’air froid qui s’infiltre par des fenêtres vétustes, ou la déperdition causée par des ponts thermiques.

Dans les deux cas, vous payez pour une énergie perdue qui n’améliore ni votre confort, ni votre quotidien. L’enjeu de l’efficacité énergétique est justement d’obtenir le même niveau de confort en consommant moins : faire autant, voire mieux, avec moins de ressources.

💡 Bon à savoir : selon l’ADEME, jusqu’à 30 % de la facture énergétique d’un ménage peut être liée à du gaspillage évitable.

Où part votre énergie ? Les 4 principaux postes de dépense

Avant de traquer le gaspillage, encore faut-il savoir où part réellement votre énergie. Dans un logement, la dépense se concentre sur quatre grands postes :

Infographie ilek : les 4 principaux postes de dépense énergétique d'un logement, chauffage 59 %, eau chaude sanitaire 21 %, électroménager et multimédia 13 %, cuisson 7 %.
  • Le chauffage : 59 % de la dépense énergétique. C’est de loin le premier poste, et donc la priorité absolue.
  • L’eau chaude sanitaire : 21 %, soit le deuxième poste le plus lourd.
  • L’électroménager et le multimédia : 13 %, un poste qui grimpe avec la multiplication des équipements.
  • La cuisson : 7 %, plus modeste, mais loin d’être négligeable sur l’année.

C’est donc sur le chauffage et l’eau chaude qu’il faut agir en priorité pour réduire le gaspillage d’énergie. Mais chaque pièce a son mot à dire. On fait le tour ?

On fait le tour de votre logement, pièce par pièce

Du côté du toit et des combles

Illustration ilek d'un toit en tuiles : le toit et les combles peuvent représenter près de 30 % des pertes de chaleur d'un logement mal isolé.

C’est l’un des endroits du logement où l’on retrouve les plus gros gaspillages. Une mauvaise isolation peut provoquer des pertes de chaleur de près de 30 %. Bien isoler ses combles a certes un coût, mais l’investissement est très vite rentabilisé. Si votre logement affiche une étiquette F ou G au DPE (Diagnostic de Performance Énergétique), les travaux d’isolation deviennent une priorité pour stopper l’hémorragie énergétique.

Les murs et les fenêtres

Illustration ilek d'une façade avec balcon : les fenêtres représentent 10 à 15 % des pertes de chaleur et les murs 20 à 25 % des déperditions.

Les fenêtres : on estime que le gaspillage y représente de 10 à 15 % des pertes de chaleur, surtout si elles sont anciennes ou en simple vitrage. Il peut être intéressant de les remplacer, mais il est aussi possible d’y apposer des rideaux thermiques pour réduire un peu cet effet. Les murs : eux aussi peuvent être de vraies passoires ! À eux seuls, ils peuvent représenter de 20 à 25 % des déperditions de chaleur. Là encore, c’est une zone qui peut être rénovée pour éviter de telles pertes. Attention aussi aux ponts thermiques (jonctions murs/planchers, balcons), qui créent des fuites permanentes.

L’entrée et les ouvertures

Illustration ilek d'une porte d'entrée aux couleurs ilek : isoler les bas de porte permet de retenir la chaleur et donc l'énergie.

Pour l’entrée, comme pour les autres ouvertures sur l’extérieur ou sur les pièces non isolées (cave, garage), mieux vaut éviter les entrées d’air parasites. En calfeutrant les bas de porte notamment, on retient la chaleur, et donc l’énergie. Coût : quelques dizaines d’euros. Gain : jusqu’à 10 % sur la facture de chauffage.

Du côté du chauffage

Illustration ilek d'une chaufferie : le chauffage représente en moyenne 59 % des dépenses énergétiques, baisser le thermostat de 1°C fait économiser 7 %.

Le chauffage représente en moyenne 59 % des dépenses énergétiques du logement. Et quand on sait qu’une économie de 7 % est possible sitôt que l’on baisse le thermostat de 1°C, ça fait réfléchir ! Surtout si l’on passe son logement à 19°C environ, et même à 17°C dans les pièces les moins occupées, pour éviter au maximum les gaspillages. Pensez aussi à entretenir votre équipement : une chaudière révisée chaque année et des grilles dépoussiérées, c’est jusqu’à 15 % de consommation en moins.

La salle de bain et l’eau chaude

Illustration ilek d'une salle de bain : un mousseur de robinet réduit le débit de 30 à 50 % et un pommeau de douche économiseur permet jusqu'à 75 % d'économie d'eau.

L’emploi de mousseurs de robinets dans la salle de bain (ou ailleurs) peut permettre de réduire de 30 à 50 % le débit. Et l’usage d’un pommeau de douche économiseur peut permettre jusqu’à 75 % d’économie d’eau ! Tout ceci a de réelles répercussions sur votre consommation d’eau chaude, et donc sur l’énergie nécessaire pour la produire. CQFD !

La cuisine, l’électroménager et l’éclairage

Illustration ilek d'une cuisine : choisir un électroménager des meilleures classes énergétiques et couvrir les casseroles limite le gaspillage, la cuisson pesant jusqu'à 7 % de la consommation.

Pour l’électroménager et l’éclairage : ici aussi il est possible d’économiser en optant pour des appareils figurant dans les meilleures classes énergétiques possibles. Sur le long terme, il y a là de belles économies d’énergie à la clé ! Bon à savoir : un réfrigérateur ancien et énergivore peut consommer jusqu’à trois fois plus qu’un modèle récent performant. Côté lumière, les ampoules LED consomment 5 à 10 fois moins que les ampoules classiques et durent une quinzaine d’années.

En cuisine : la cuisson représente en moyenne jusqu’à 7 % de la consommation énergétique du logement. Encore un poste que l’on peut réduire avec une méthode toute simple : mettre un couvercle sur ses casseroles permet d’éviter de gaspiller de la chaleur. Et pour le four, évitez de l’ouvrir en cours de cuisson (jusqu’à 20°C perdus à chaque ouverture).

Les appareils en veille

Illustration ilek d'un salon : selon l'ADEME, 15 à 50 équipements par foyer restent en veille en continu et représentent jusqu'à 10 % de la facture d'électricité.

Là encore, ça gaspille ! D’après l’ADEME, il y a en moyenne 15 à 50 équipements par foyer qui restent continuellement en veille et représentent une perte allant jusqu’à 10 % de la facture d’électricité, soit environ 50 à 80 euros par an. Box internet, décodeurs, télévisions, consoles, chargeurs abandonnés sur les prises : les éteindre totalement représente une jolie économie, et cela préserve aussi le matériel. Le geste malin : regrouper ces appareils sur une multiprise à interrupteur pour tout couper d’un seul clic le soir.

Du côté du garage et du véhicule électrique

Illustration ilek d'une voiture électrique en charge : recharger aux heures creuses et adopter l'éco-conduite permet de limiter le gaspillage d'énergie.

Si vous avez un véhicule électrique, quelques réflexes font la différence. Pour faire des économies, il est conseillé de privilégier une recharge des batteries aux heures creuses (et donc d’avoir un contrat d’énergie adéquat), mais aussi d’adopter les gestes d’éco-conduite : une conduite souple qui anticipe le trafic, la pratique du freinage régénératif en levant le pied de l’accélérateur, l’utilisation du mode « éco » si le véhicule en possède un, ou encore la vérification de l’état et de la pression des pneus.


Vos économies de consommation comptent double avec une offre au bon tarif.


Quelles sont les conséquences du gaspillage énergétique ?

Un impact direct sur votre facture

Le gaspillage se traduit immédiatement en euros perdus. Quelques ordres de grandeur :

  • Baisser le chauffage de 1°C : 7 % d’économie sur la facture annuelle, soit 100 à 150 euros pour un logement moyen.
  • Éteindre les appareils en veille : 50 à 80 euros d’économies par an.
  • Passer aux ampoules LED : jusqu’à 80 % d’économies sur l’éclairage.
  • Optimiser le lave-linge (programme éco, pleine charge) : 30 à 40 euros par an.

Pris individuellement, ces montants semblent modestes. Mais cumulés, ils représentent plusieurs centaines d’euros par an. Pour un ménage qui cumule isolation défaillante, mauvaises habitudes et équipements vétustes, la facture peut même doubler par rapport à un logement sobre et bien géré.

💡 Le bon réflexe : suivez votre consommation en temps réel grâce au compteur électrique Linky. Vous identifierez rapidement les postes de dépense anormaux et ajusterez vos habitudes en conséquence.

Un fardeau pour l’environnement

Chaque kilowattheure gaspillé a aussi un coût environnemental. Plus votre consommation est élevée, plus vous sollicitez le réseau et, indirectement, les centrales de production :

  • Émissions de CO2 : même avec une électricité largement décarbonée en France, les pics de consommation obligent à activer des centrales thermiques (gaz, charbon) qui rejettent du CO2.
  • Épuisement des ressources : le gaspillage augmente la demande en énergies fossiles (gaz naturel, pétrole) pour le chauffage et l’eau chaude.
  • Pression sur les infrastructures : plus la demande est forte, plus il faut construire de nouvelles capacités de production et de transport.

En réduisant votre gaspillage, vous agissez concrètement pour la transition énergétique. C’est aussi un moyen de soutenir les productrices et producteurs d’énergie renouvelable en allégeant la pression sur le réseau.

10 gestes simples pour stopper le gaspillage

Passons à l’action. Voici dix solutions concrètes, classées du plus simple au plus structurant, pour éliminer le gaspillage d’énergie de votre quotidien.

  1. Éteindre les veilles avec une multiprise à interrupteur. Regroupez TV, box, console et chargeurs sur une multiprise : un geste le soir suffit à tout couper. Économies : 50 à 80 euros par an.
  2. Baisser le chauffage de 1°C. Passez de 20 à 19°C dans les pièces de vie, et de 17 à 16°C dans les chambres. Confort quasi identique, facture en baisse de 7 %.
  3. Entretenir régulièrement vos équipements. Chaudière révisée chaque année, filtres de climatisation nettoyés, grilles du réfrigérateur dépoussiérées : jusqu’à 15 % de consommation en moins.
  4. Utiliser intelligemment le lave-linge et le lave-vaisselle. À pleine charge, en programme éco, et à 30°C plutôt que 60°C : l’économie d’énergie atteint 60 %.
  5. Dégivrer régulièrement le congélateur. Dès 3 mm de givre, la consommation grimpe de 30 %. Dégivrez deux fois par an.
  6. Choisir des appareils des meilleures classes énergétiques. Au moment de remplacer un équipement, optez pour la meilleure classe disponible : le surcoût est amorti en 2 à 4 ans.
  7. Calfeutrer les portes et fenêtres. Bas de porte, joints neufs, rideaux épais la nuit : quelques dizaines d’euros pour jusqu’à 10 % de gain sur le chauffage.
  8. Passer aux ampoules LED. Elles consomment 5 à 10 fois moins et durent une quinzaine d’années. Retour sur investissement immédiat.
  9. Suivre votre consommation en temps réel. Via l’application de votre fournisseur ou les données de votre compteur Linky, repérez les pics anormaux. C’est souvent le déclic pour adopter les bons écogestes.
  10. Envisager des travaux de rénovation énergétique. Pour les logements très énergivores (étiquette F ou G), les gestes du quotidien ne suffisent pas. L’isolation (combles, murs, fenêtres) et le remplacement du chauffage sont incontournables, et peuvent être financés par MaPrimeRénov’, l’éco-PTZ ou les Certificats d’Économies d’Énergie. Découvrez comment réussir vos travaux d’isolation énergétique.

💡 Le conseil qui change tout : combinez plusieurs gestes pour multiplier les économies. Un logement bien isolé, des écogestes quotidiens et un suivi de consommation peuvent réduire la facture de 30 à 50 % par an.

FAQ : vos questions sur le gaspillage d’énergie

Qu’est-ce qui consomme le plus d’énergie dans une maison ?

Le chauffage arrive largement en tête, avec environ 59 % de la consommation énergétique d’un logement, suivi par l’eau chaude sanitaire (21 %), l’électroménager et le multimédia (13 %) et la cuisson (7 %). C’est donc sur le chauffage qu’il faut agir en priorité.

Comment savoir si je gaspille de l’énergie chez moi ?

Trois indicateurs fiables : une facture anormalement élevée par rapport à la surface de votre logement, des écarts de température importants entre les pièces, et un DPE classé F ou G. Le suivi mensuel de votre consommation via votre compteur Linky permet aussi de détecter les anomalies.

Les appareils en veille consomment-ils vraiment beaucoup ?

Oui. Selon l’ADEME, on compte 15 à 50 équipements en veille par foyer, ce qui peut représenter jusqu’à 10 % de la facture d’électricité. En additionnant box, décodeurs, TV et chargeurs, on atteint facilement 50 à 80 euros de gaspillage pur par an.

Quelle est la température idéale pour le chauffage ?

19°C dans les pièces de vie (salon, cuisine) et 16 à 17°C dans les chambres. Au-delà, chaque degré supplémentaire augmente votre facture de 7 % sans améliorer significativement votre confort.

L’isolation est-elle vraiment rentable ?

Absolument. Des combles mal isolés peuvent représenter près de 30 % de pertes de chaleur. Une isolation performante réduit la facture de chauffage de 25 à 30 % et se rentabilise en quelques années, selon les aides mobilisées (MaPrimeRénov’, éco-PTZ).

Agissez dès maintenant contre le gaspillage d’énergie

Lutter contre le gaspillage d’énergie est à la portée de tous. En combinant des gestes simples au quotidien, un choix judicieux de vos équipements et une bonne isolation de votre logement, vous agissez concrètement pour alléger vos factures et préserver la planète. Chaque kilowattheure économisé est une victoire pour votre portefeuille comme pour l’environnement.

Vous souhaitez aller plus loin dans votre démarche de sobriété énergétique ? Découvrez comment réduire encore davantage votre consommation d’électricité grâce à nos guides pratiques. Et pour maximiser votre impact, passez à une énergie 100 % verte en soutenant directement les productrices et producteurs français : réduisez votre facture grâce au parrainage ilek et faites des économies dès maintenant.


Vous savez où agir chez vous. Voyez maintenant ce que vaut votre contrat.

À propos de l’auteur(e)

Charles Hivert a rejoint ilek en janvier 2021 en tant que Concepteur Rédacteur. Après plusieurs années à travailler sur des sujets publicitaires pour le compte de différentes marques, il a décidé de s’engager dans de nouveaux projets et de porter haut et fort la voix de la transition énergétique et écologique avec ilek.

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