Gaz naturel : renouvelable ou pas ? La réponse claire

Damien, 27 Mar 2019
L’ÉNERGIE VERTE 9 minutes
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Le gaz naturel n’est pas renouvelable. Le biométhane, si. Estimez votre mensualité.


Le gaz peut prendre différentes formes : du gaz naturel au biométhane, en passant par le biogaz. Mais pourquoi parle-t-on de gaz « naturel » ? Est-ce la même chose que le gaz vert ? Si vous vous êtes déjà intéressé au sujet, vous vous êtes forcément posé la question : qu’est-ce que réellement le gaz naturel ?

On a fait notre petite enquête : selon notre étude YouGov, 58 % des Français confondent gaz bio et gaz naturel. Alors pas de panique, on va vous dire explicitement ce que d’autres ont peut-être mentionné de manière implicite… 🤫

Le gaz naturel est-il renouvelable ? Non 🌲

Autant clarifier les choses dès le début : le gaz naturel n’est pas un gaz renouvelable, malgré une appellation qui prête à confusion. Il est désigné comme « naturel » du fait de sa source, pas de son caractère durable.

Une énergie fossile formée en millions d’années

Le pétrole et le gaz reposent dans les profondeurs du sous-sol depuis des millions d’années 🦕. Le gaz naturel est issu de la transformation de matières organiques — principalement des algues et du plancton — sous l’effet de la pression et de la chaleur. Ce processus géologique extrêmement lent en fait une énergie fossile, au même titre que le pétrole : les réserves s’épuisent au rythme de notre consommation, et il faudrait des millions d’années pour les reconstituer.

💡 À retenir : l’appellation « naturel » décrit son mode de formation, pas son caractère écologique ou renouvelable.

Composition et acheminement

Chimiquement, le gaz naturel est composé à environ 95 % de méthane (CH₄). Le reste rassemble d’autres hydrocarbures — éthane, propane, butane — et des traces d’azote et de dioxyde de carbone. Pour l’exploiter, trois étapes : l’extraction, par forage jusqu’à des gisements enfouis à plusieurs kilomètres ; le traitement, qui élimine les impuretés ; puis l’acheminement jusqu’à votre logement.

D’où vient le gaz naturel qui arrive chez vous ? 🏡🤔

Maison individuelle en bois blanc aux encadrements bordeaux, entourée d'arbres aux feuillages d'automne et d'une clôture blanche

Lorsque vous achetez du gaz naturel, vous avez très, mais alors très peu de chances qu’il ait été produit en France : le pays importe environ 99 % du gaz qu’il consomme, soit près de 440 TWh par an. La production nationale est résiduelle depuis l’épuisement du gisement de Lacq en 2013. Ce n’est pas du made in France…

La carte des fournisseurs a par ailleurs beaucoup changé depuis 2022. Aujourd’hui, la Norvège domine avec environ 40 % des importations, devant les États-Unis sous forme de gaz naturel liquéfié et l’Algérie. Le mode d’acheminement s’est inversé lui aussi : le GNL représente désormais 57 % de l’approvisionnement, contre 30 % avant 2022, le reste arrivant par gazoducs (données SDES).

Qui s’occupe du transport ? 🚚

Les gestionnaires de réseaux de transport sont GRTgaz, qui couvre l’essentiel du territoire, et Teréga — l’ancien TIGF, rebaptisé en 2018 — qui opère dans le Sud-Ouest. La distribution jusqu’à votre compteur, elle, relève de GRDF.

Quel est l’impact environnemental réel du gaz naturel ?

Moins de CO₂ que le charbon, mais…

Le gaz naturel est souvent présenté comme une énergie « de transition ». La raison : pour produire de l’électricité, il émet nettement moins que ses concurrents fossiles — de l’ordre de 490 g de CO₂ par kWh électrique, contre environ 650 g pour le pétrole et 820 g pour le charbon. Cela en a fait le combustible de choix pour fermer des centrales à charbon.

⚠️ « Moins polluant » ne veut pas dire « propre » : le gaz naturel reste un combustible fossile qui contribue au réchauffement climatique.

Le point rarement mis en avant : les fuites de méthane

Le méthane est un gaz à effet de serre redoutable : environ 28 fois plus puissant que le CO₂ sur cent ans, et de l’ordre de 80 fois sur vingt ans, selon le 6ᵉ rapport du GIEC. Or il s’échappe tout au long de la chaîne : au forage, au transport, au stockage.

L’ampleur est considérable : en 2024, le secteur des combustibles fossiles a relâché près de 200 milliards de m³ de méthane dans l’atmosphère selon l’Agence internationale de l’énergie, dont environ 60 % imputables à la chaîne gazière. L’agence estime qu’une moitié environ de ces pertes aurait pu être évitée. Ces fuites amputent une part importante de l’avantage climatique que le gaz naturel possède sur le charbon.

Une extraction lourde pour les écosystèmes

Le forage et l’exploitation des gisements exigent des infrastructures qui perturbent durablement les milieux. L’extraction du gaz de schiste par fracturation hydraulique — interdite en France, pratiquée ailleurs — y ajoute la contamination des nappes phréatiques, des séismes induits et une consommation d’eau massive.


Passer au biométhane ne demande ni travaux ni changement de chaudière.


Gaz naturel ou biométhane : le comparatif

CritèreGaz naturelBiométhane (gaz vert)
RenouvelableNon — réserves finies, formées en millions d’annéesOui — produit en continu à partir de déchets
Origine géographiqueEnviron 99 % importéProduit en France, traçable jusqu’au producteur
Carbone émisFossile, séquestré depuis des millions d’annéesBiogénique, capté récemment par les plantes
Co-produitAucunLe digestat, fertilisant naturel
Compatibilité de vos équipementsIdentique : même réseau, mêmes chaudières, mêmes gazinières

Le biogaz, une énergie d’avenir : ses avantages

Symbole du recyclage à trois flèches, dessiné en touffes d'herbe verte

Le gaz vert est un réel atout pour l’environnement, et il participe à la transition énergétique sur plusieurs plans.

Recyclage ♻️

Vous l’aviez sûrement deviné : produire du gaz permet de valoriser des déchets dont le volume augmente chaque année. Grâce au gaz bio, les déchets deviennent une ressource renouvelable, et cette valorisation participe à la diminution de la pollution.

Une énergie renouvelable ⌛

Le biogaz est durable dans le temps, contrairement à ses semblables fossiles qui s’épuisent à vitesse grand V. Et oui, les déchets, c’est inépuisable… Le biométhane appartient à la même catégorie que l’électricité produite par les panneaux solaires, les éoliennes ou les centrales hydrauliques. On peut donc parler indifféremment de gaz vert, de gaz renouvelable ou de biométhane.

Local : vous savez d’où vient votre gaz 🚜

C’est votre choix : consommer local en choisissant un producteur de biogaz français partenaire d’ilek et soutenir l’économie régionale, ou préférer un gaz dont vous ignorez la provenance et qui a parcouru des milliers de kilomètres pour arriver chez vous.

Vraiment moins polluant 🏭

La combustion du biométhane libère du CO₂, comme celle du gaz naturel. Toute la différence tient à l’origine de ce carbone : biogénique dans un cas — capté par les plantes quelques mois plus tôt, donc réintégré au cycle court — fossile dans l’autre, extrait d’un stock enfoui depuis des millions d’années. S’y ajoute un second effet : en captant le méthane des déchets avant qu’il ne s’échappe naturellement, la méthanisation évite des émissions qui auraient eu lieu de toute façon.

Le gaz bio, c’est l’équation parfaite, vous ne trouvez pas ?

Une filière qui a changé d’échelle

Quand nous avons publié cet article pour la première fois, la France comptait 81 sites de production. Au 31 mars 2026, 823 installations injectaient du biométhane dans le réseau, pour 13,5 TWh injectés sur l’année 2025. Et 1 227 projets supplémentaires étaient en file d’attente de raccordement.

Chez ilek, on vous propose du gaz bio — ou gaz vert, en réalité du biométhane — 100 % français. Il est aujourd’hui aussi simple d’avoir accès au biométhane qu’au gaz naturel : c’est bien ce qu’on veut vous proposer, de la simplicité alliée à l’efficacité 😁. Pour comprendre en détail ce qui sépare ces deux gaz, lisez notre guide sur la différence entre gaz vert, biogaz et gaz naturel, et sur la fabrication du gaz bio.

Chaque individu a son rôle à jouer dans la protection de l’environnement. Même minime : si chacun fait de bons choix, on peut avancer vers une transition énergétique, c’est certain ! 💚

L’offre est disponible partout en France, notamment à Paris, Lyon, Marseille et Toulouse. Et si vous changez de logement, voici toutes les démarches pour votre gaz.

FAQ : gaz naturel et gaz renouvelable

Oui, au sens où il se forme naturellement par décomposition de matières organiques sur des millions d’années. Mais « naturel » ne signifie ni « écologique » ni « renouvelable » : c’est une énergie fossile, comme le pétrole.

Parce qu’à production d’électricité équivalente, le gaz émet nettement moins que le charbon. Il a permis de fermer des centrales à charbon dans plusieurs pays. Mais il reste un combustible fossile, et les fuites de méthane rognent une part de cet avantage.

Oui. Il est épuré jusqu’à atteindre la même composition — plus de 95 % de méthane — puis injecté dans le même réseau. Tous vos équipements fonctionnent à l’identique, sans aucune modification.

Oui. Chez ilek, vous sélectionnez un producteur de biométhane français parmi nos partenaires : la traçabilité de votre énergie est garantie et vous soutenez directement l’économie de sa région.

L’écart s’est réduit ces dernières années. Le biométhane finance une filière locale et renouvelable, et son prix, adossé à une production française, échappe en partie à la volatilité géopolitique qui affecte le gaz importé.


Choisissez du gaz renouvelable produit en France. Souscription en ligne.

Plus d’infos

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À propos de l’auteur(e)

Damien a rejoint ilek en janvier 2019 pour mettre en valeur le travail et l’engagement quotidien de nos producteurs et productrices d’énergie. Passionné de territoire, d’environnement, de nature et d’écologie, il accompagne depuis nos partenaires. Le petit bonus : un super accent toulousain !

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